Hop, je bascule ici. Merci à ceux qui viennent encore, malgré ces derniers mois peu prolifiques...
# Posté le dimanche 07 septembre 2008 18:16
Modifié le mardi 09 septembre 2008 16:26

"Ne pleurez pas en public" [Lautréamont]

"Ne pleurez pas en public"
*
J'sais même pas si j'réussis à la fin tu sais. Je sais juste que j'essaie, que j'essaie à en pleurer, qu'on a envie de gueuler, et mal au ventre. Que le mal au ventre reste, nous tient comme ça, comme des tenailles, et qu'on n'arrive pas à s'en dépêtrer. J'suis tellement comprimée, j'ai tellement ce gourdin dans le ventre que j'arrive même plus à parler, que ma gorge crie du vide, tousse du silence, tellement le ventre fait mal, tellement il fait mal. C'est ça en fait, le pire. Ce mal au ventre. Et cette envie de pleurer. Tellement ça fait mal. Sans réussir. C'est ça.

-

J'vais sortir en douce, c'est rien. Et contre la baie, les jambes étendues j'regarderai les passants, zébrant la nuit d'un nouvel éclat de rire à chaque nouveau visage. La vitre collera tout contre mon dos des plis et les pressions imprimées sur mon pull feront comme des vallées à visiter. Et les pieds dans le vide, baladant les chaussures de droite à gauche, ivre du gouffre, j'écouterai la voix, et je me souviendrai. J'imaginerai aussi. Ce que ça aurait pu être.

* image extraite du film 'Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants' de Yvan Attal. Avec Charlotte Gainsbourg. Notamment.*
# Posté le dimanche 25 mai 2008 15:44
Modifié le dimanche 25 mai 2008 16:14

Nous n'irons plus au bois, les lauriers sont coupés. La belle que voilà ira les ramasser...

De la folie dans l'allure, les yeux chavirés d'étincelles, des dents parfaites qui crèvent l'image. Tout ça c'est elle. Avec ce petit grain, ce petit grain qui fait qu'elle est différente, ce petit grain qui fait que je l'aime tant, ce petit grain qui fait qu'elle fascine. Qui fait qu'elle est si irréelle. Et que j'ai si peur qu'elle parte. Qui fait que j'ai si peur qu'un jour elle ne décroche pas le téléphone. Qu'un jour elle me manque trop pour supporter d'aller danser et m'amuser sans elle.

Nous n'irons plus au bois, les lauriers sont coupés. La belle que voilà ira les ramasser...
# Posté le dimanche 24 février 2008 13:03
Modifié le vendredi 03 octobre 2008 10:30

_Fanatisme du dialogue_

_Fanatisme du dialogue_

L'infirmière : Et t'as mangé ce matin ?
La Gamine : Oui.
L'infirmière : Quoi ?
La Gamine : Du Marguerite Duras.

L'infirmière : mais c'est pas spossible, elle dit qu'elle a mangé du Marguerite Duras, c'est pas spossible voyons.
Un Badaud : C'est vrai que c'est bizarre. A moins d'être anprothophage...
L'infirmière : Oui, vous avez raison. Tu es anprothophage, gamine ?
La Mère : Laissez, elle dira rien.
L'infirmière : Non, bien sûr, je m'en doutais.

L'infirmière : Mais comprenez bien que les cannibales, on n'en veut pas ici. Donc faudrait que j'sache.
Le Badaud : Elle est morte la Duras aussi. Là ça s'rait carrément du nercophagisme.
L'infirmière : Ça a existe ce mot ?
La Mère : Faudrait lui d'mander, c'est elle la psécialiste en mots.
L'infirmière : Mais elle répondra pas aussi.
La Mère : Oui, c'est bien vrai ça.
Le Badaud : C'est embêtant quand même, cette obtsination au silence. Ça lui vient d'où ?
La Mère : Je n'sais pas jutsement. J'crois pas qu'ça vient d'moi, dans ma famille on n'a pas ça. Faudrait chercher vers chez mon mari, mais là vraiment alors j'sais pas. La génaélogie ça a jamais été not'fort.




# Posté le samedi 23 février 2008 11:39

« [...] car si je désirais encore me défaire de Cécilia, la Cécilia dont je voulais me défaire était une Cécilia amoureuse de moi, ou que j'imagine telle, et non une Cécilia qui ne m'aimait plus et manquait à nos rendez-vous. » p185, L'Ennui, Alberto Pincherle, dit Moravia, écrivain italien tuberculeux.

« […] car si je désirais encore me défaire de Cécilia, la Cécilia dont je voulais me défaire était une Cécilia amoureuse de moi, ou que j’imagine telle, et non une Cécilia qui ne m’aimait plus et manquait à nos rendez-vous. » p185, L’Ennui, Alberto Pincherle, dit Moravia, écrivain italien tuberculeux.
*
*
- Il aurait quand même pu nous prévenir, le vache...
- Ouais, on était ses copains ou bien ?
- C'est dégueulasse de pas nous l'avoir dit.
- Après c'est nous qu'allons avoir les emmerdes quand ils viendront nous d'mander c'qui s'est passé.
- Mais puisqu'on savait rien !
- Toi non plus tu savais rien Pierrot ?
- Bah non. Pourquoi tu voulais que j'sois été au courant ?
- Menteur ! J'vous ai vu discuter après l'repas hier !
- Ouais, et alors, c'est interdit d'parler ?
- Et alors à mon avis c'est de ça qu'vous causiez !
- T'es con toi alors. Tu crois vraiment qu'si j'aurais su quequ'chose j'serais resté là moi ?
- T'as ptet pas osé.
- Ouais c'est clair que t'as jamais eu beaucoup d'couilles !
- Putain j'te déconseille de répéter ça mec sérieux !
- Du calme les gars, du calme.
- C'est clair, calmez vous quoi !
- Enfin quoi vous pensez pas que ça m'emmerde déjà pas assez qu'il se soit tiré sans m'le dire ?
- Arrêtez d'gueuler les mecs, on vous entend depuis le couloir. Vous voulez que l'basset s'ramène ou quoi ?
- C'est quoi l'blem là ?
- Le blem c'est que Clovis y s'est barré
- Merde alors j'aurais jamais cru ça d'lui. Comment qu'il a fait ?
- Justement on sait pas.
- Mais il a hyper bien fait son coup le connard, personne a rien vu.
- Hé mais visez ça ! C'est pas son sac ça ?
- Montre.
- M'donne pas d'ordre morveux.
- Arrête de toujours foutre la merde toi.
- Ouais, c'est lui, y a son nom dessus.
- Merde alors, il s'est cassé sans son sac ?!
- Le con.
- Tu déconnes ! Il le quittait jamais l'sac que lui a filé le vieux !
- Même que j'suis sûr qu'il s'douchait avec.
- Riez pas putain, c'est pas drôle.
- Oh ça va hein !
- Merde y a du bruit dans l'escalier.
- Vite, à vos lits les mecs, grouillez !
- Nan c'est bon c'est les filles.
- Quoi ?! Mais qu'est-ce que vous foutez là ?
- Bah on v'nait vous voir.
- Vous êtes complètement folles, et si on s'fait choper ?
- Mais on a fait gaffe rhoo.
- Et franchement tu sais à mon avis y zont aut chose à faire en c'moment que venir nous emmerder pour ça.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Bah Clovis il a été r'trouvé mort un peu plus loin.
- Sans dec' vous saviez pas ?





# Posté le vendredi 01 février 2008 17:25
Modifié le vendredi 01 février 2008 19:08